USA , Jeunes filles à vendre : le cauchemar américain

REPORTAGE – Aux Etats-Unis, le trafic sexuel des jeunes filles est aujourd’hui un business extrêmement lucratif, estimé à environ 32 milliards de dollars, qui pourrait bientôt détrôner le trafic de drogue. Quelque 300 000 jeunes filles sont ainsi victimes chaque année de proxénètes. Sabrina Van Tessel a enquêté, recueillant notamment les témoignages de certaines victimes. Les unes ont été enlevées, les autres, en majorité des fugueuses, ont été «draguées», puis «dressées», finalement contraintes à se prostituer. Menacées, battues, violées, elles n’ont pas eu d’autre choix que de se soumettre. L’on estime en effet qu’au bout d’à peine 72 heures, en raison des méthodes employées par les criminels, une adolescente se résigne à se prostituer pour le compte d’un proxénète.

Jeunes filles à vendre : le cauchemar américain

une enquête de Sabrina Van Tessel

Durée : 52 ‘

Production : http://www.magnetotv.com/

 

 

Critique

Aux Etats-Unis, « pays de la liberté », existe une forme d’esclavage moderne. Le trafic sexuel de mineures concernerait pas moins de 300 000 adolescentes, violées, battues, mises sur le trottoir par des proxénètes. Des chiffres ahurissants, pour un business censé rapporter près de 32 milliards de dollars par an. Et qui, en dépit d’une prise de conscience étatique, prend de plus en plus d’ampleur, jusqu’à concurrencer le trafic de drogue.

D’Oakland à Las Vegas, d’un commissariat à un tribunal pour mineurs, Sabrina Van Tassel explore l’envers du rêve américain : elle a retrouvé des victimes, un proxénète, interrogé les institutions, suivi une brigade des mineurs, et évidemment étudié l’amplification du phénomène sur Internet, où des sites comme Backpage proposent, sous couvert d’annonces d’escorte, des services de prostitution. Son enquête témoigne de la difficulté à démanteler les réseaux, et les lacunes de la prise en charge des ces jeunes filles dont les pouvoirs publics ne savent que faire.

Elle révèle, surtout, les contradictions de la culture puritaine américaine. Où la prostitution est banalisée à longueur de clips de rap — un chanteur proxénète allant jusqu’à faire passer dans une chanson un appel à témoins pour retrouver ses filles en fuite. Où la chaîne HBO diffuse une émission de télé-réalité montrant la vie quotidienne d’un bordel. Où l’unique institution créée spécifiquement pour accueillir les mineures arrachées à la prostitution est financée par… Backpage. Hallucinant ? Pas pour la fondatrice de ce foyer d’adolescentes, qui estime avec une point de cynisme : « C’est à la compagnie pétrolière de payer après une marée noire ! »

Hélène Marzolf

http://television.telerama.fr/tele/magazine/special-investigation,258726,emission88639913.php

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