Cette vigilance qui pourtant ne suffit pas

Tout de même, mon fils me surprit en me disant, du haut de ses 12 ans, de quoi parlait mon livre.

Le chapitre intitulé « Mrs à Ralph », mon premier faux départs, s’ouvre ainsi :

« Si Garp avait eu le droit de formuler un seul souhait, un souhait immense et naïf, il aurait souhaité pouvoir transformer le monde en a lieu sûr. Pour les enfants et pour les adultes. Le monde frappait Garp comme un lieu rempli de périls inutiles pour les uns comme pour les autres. »

A l’âge de 12 ans, Colin avait mis le doigt sur la question. Garp habite la banlieue sûre d’une petite ville sûre ; pourtant ni lui ni ses enfants ne sont en sécurité.

Le crapaud du ressac l’attrapera à la fin – comme il attrapera sa mère, et son fils cadet. «Faites bien attention!» ne cesse de répéter Garp à ses enfants, comme je le répète encore aux miens.

Le sujet du roman, c’est donc la vigilance, cette vigilance qui, pourtant, ne suffit pas.

 

Le monde selon Garp

John Irving

Citation de la préface de l’ édition française de 1998

Éditions du Seuil

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *